De l’idée d’une histoire à l’édition

Parcours d’un Prix de l’Imaginaire et 5 conseils aux jeunes écrivains.

Les écrivains ne naissent pas un stylo à la main. Un jour, ils se mettent à écrire pour la première fois. À 7 ans ? à 87 ans ? Peu importe. Mais, pour tous, il y a d’abord une histoire, et l’envie irrépressible de la partager. Myriam Savary se livre et nous donnes ses conseils d’écrivain pour passer de l’idée de l’histoire à l’édition.

L’idée d’une histoire

Pour Myriam aussi, cela commence par une histoire. Elle tourne dans sa tête depuis bien des années, présence constante mais si fugace. Vient cette envie de la figer, de l’écrire. D’abord pour soi, pour voir. Parce qu’elle voulait s’en souvenir et la faire exister, tout simplement.

Mais comment faire lorsqu’on ne sait pas écrire ? Comment remplir la page blanche ?

On commence tous ainsi : Myriam lutte pour poser les premiers mots. Sans succès. Elle parle de son histoire à sa sœur, et son enthousiasme la pousse à persévérer. Avec ses conseils, elle écrit en vrac, page après page, sans se soucier du style. Exit le début, elle s’y penchera plus tard. Elle commence par décrire ses personnages principaux – leur passé, leur futur et leurs espoirs – puis elle entame sa scène fétiche, celle qui la fait vibrer : la dernière de son roman.

Des premiers mots au premier jet

Myriam se met à écrire de plus en plus. Un carnet de notes prend place dans son sac à main, puis sur sa table de chevet. Les morceaux de texte se collent les uns aux autres, les mots s’alignent, les pages s’enchainent, d’une écriture horrible, lourde et pleine de fautes d’orthographe.  Mais l’histoire avance et, loin de se décourager, Myriam sent son enthousiasme grandir à chaque phrase.

Au fur et à mesure des années, Myriam continue à écrire, le soir, le weekend, sans en parler à personne d’autre qu’à sa sœur, puis à son mari à qui n’échappe pas ses nouvelles petites manies de griffonner sur des bouts de papier à toute heure du jour et de la nuit. Jusqu’au jour où elle termine son récit. Pleine d’espoir, elle envoie son manuscrit à des éditeurs. Sans succès.  

Réécrire, encore et encore

Le temps passe, les enfants arrivent, et le manuscrit dort au fond d’un tiroir. Puis Il ressort, des années plus tard, et Myriam le relit, puis le réécrit, incapable de laisser tomber son histoire. Elle le partage avec son mari – au regard sans complaisance – et à ses amis, prend en compte leurs remarques et reprend inlassablement les pages. Au fil des réécritures, sa plume s’affine et s’affirme. Elle finit par proposer son récit au Prix de l’Imaginaire 2018. Elle échoue, mais gagne une lectrice – la première hors de son cercle proche – lui laissant un commentaire qui la touche au cœur et une note plus qu’honorable.

Forte de ce retour, Myriam reprend encore son histoire. Elle poste, chapitre par chapitre, son roman sur une plateforme de partage d’écrits en ligne et obtient de nombreux retours et commentaires encourageants, la poussant à retravailler encore et encore chaque petit point de son récit.

Pour faire exister son histoire, Myriam envisage de faire imprimer son livre en quelques exemplaires pour sa famille et ses amis. Mais avant cela, elle présente une seconde fois son roman aux Editions Nouvelles Plumes. Un soir d’août, un appel rompt plus de sept mois de suspense. Le cœur battant, Myriam apprend que Les Syyrs, son histoire peaufinée avec soin depuis tant d’années, vient de remporter le Prix de l’Imaginaire 2019. C’est la concrétisation de 10 ans de passion, et un bonheur indescriptible. Elle va être publiée.

L’édition

Après la joie immense, vient le temps de signer le premier contrat d’édition. Le début d’une série de premières fois pour Myriam, qui découvre des chiffres, des clauses, et met les pieds dans un tout autre univers.

Après l’épreuve du contrat, viennent la sortie et la promotion du livre, puis les moments émouvants des premières rencontres avec les lecteurs. Entendre pour la première fois le prénom de son héros prononcé à voix haute, écouter d’autres personnes parler avec passion de ses personnages… Son cœur bat à tout rompre. C’est un bonheur qui ne faiblit pas avec le temps.

Et après ?

La vie continue, le travail aussi. Un livre ne suffit pas – loin de là ! – à faire bouillir la marmite. Reste à trouver un équilibre entre travail, famille et écriture. Le parcours est long, mais Myriam ne se décourage pas et, chaque jour qui passe, elle continue à progresser, et peaufiner ses écrits.

Trois ans plus tard, avec bientôt 3 livres publiés et plus de 10 000 exemplaires vendus, Myriam prend doucement le chemin de réaliser ses rêves.

Elle continue d’affiner sa plume et son bonheur d’écrire et vous livre ici ses cinq conseils fétiches – ceux qui lui ont été les plus utiles et ceux qu’elle aurait aimés entendre à ses débuts – pour vous lancer sereinement dans l’écriture de votre histoire, celle qui vous tient à cœur. Alors, prenez des notes, c’est parti !

Conseils aux jeunes écrivains

Écris ce que tu aimes lire

Autrement dit : fais-toi plaisir ! Se forcer à écrire dans un genre à la mode, c’est la fausse bonne idée. Chaque genre possède des codes particuliers et les posséder nécessite d’en lire. Beaucoup. Et puis, si tu ne prends pas de plaisir à lire tes écrits, pourquoi le lecteur en aurait-il ? Plus tu aimeras ce que tu écris, et plus il te sera facile de transmettre ta passion et tes sentiments dans ton écriture.

Ecris, encore et encore

Voici le conseil que j’avais en horreur, mais celui qui m’a sans doute été le plus utile. S’il existe toujours des exceptions, pour nombre d’entre nous le style se travaille, la plume aussi. Pour apprendre à bien écrire, il faut commencer par écrire. Donc prends ton crayon ou ton clavier, et écris. Tu auras tout le temps de peaufiner tes phrases par la suite. Je te glisse ici le mantra qui guide souvent mes choix : « mieux vaut fait que parfait » (phrase préférée de ma super coach Aline @theBBoost). À noter en gros dans ta chambre, sur ton miroir et dans les toilettes.

Fais lire tes écrits

Tu veux devenir auteur, donc tu veux être lu. Logique ! Alors commence dès maintenant : trouve des bêta-lecteurs. Cherche ceux qui oseront te dire ce qu’ils n’aiment pas et pourquoi. Un avis gentillet te fera plaisir mais ne t’aidera pas à atteindre ton but : faire éditer ton histoire. Il te faut des gens qui oseront également te dire (avec bienveillance 😉) ce qui pêche dans ton récit.

Accepte la critique

C’est un indispensable ! Que tu écrives 1000 ou 800 000 mots, tu es le nez dans ton texte et ne verras que difficilement ses imperfections. Car bien sûr, toute histoire est perfectible. Tout style aussi. Accepter les remarques – et choisir celles que l’on veut prendre en compte – permet de faire grandir ton écriture et d’affiner tes choix d’auteur.

À chaque livre son public 

Garde en tête que ton livre ne plaira pas à tout le monde, et c’est normal ! Même s’il est toujours difficile d’entendre que son histoire n’a pas plu, il faut savoir faire la part des choses : ces personnes ne faisaient pas partie de ton public. Or, quelque part, tes lecteurs attendent avec impatience de découvrir ton histoire. À toi maintenant de la faire connaître pour pouvoir les rencontrer.

Tous ces conseils te paraissent sans doute flous, parfois même durs à mettre en place. Sois bienveillant avec toi-même, laisse-toi du temps ! Et tu verras qu’au fil des mois, en les gardant en tête, tu trouveras ton rythme et ta plume.

Alors, pour finir, je vais te rabâcher mon premier conseil, celui qu’il ne faut jamais perdre de vue : Fais-toi plaisir !

Sinon, à quoi bon écrire.

Alors, qu’attends-tu ?

Myriam SAVARY

https://www.instagram.com/myriam.savary.auteure/

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